Actualités des ONG au Mali

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jeudi 2 octobre 2014

Pour dire non à toute velléité de division du Mali, les organisations de la société civile ne sont pas passées par quatre chemins ce jeudi 25 septembre 2014. Ils Lire la suite

Les Maliens préparent ardemment leur participation au Forum Social Africain

mardi 9 septembre 2014

Dans le cadre des préparatifs du Forum Social Africain (FSA) de Dakar, la CAD-Mali structure focale du Comité d’organisation dudit Forum prévu du 15 au 19 Lire la suite

Pourparlers inter-malien d’Alger : le haut représentant du Chef de l’Etat explique à la Société Civile la stratégie du Gouvernement

mardi 9 septembre 2014

La Salle de conférence du Gouvernorat du District de Bamako a servit de cadre ce mardi 12 aout d’une rencontre entre les organisations de la société civile Lire la suite

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Adoption de la loi sur la Biosecurité : Les paysans montent au créneau

Par LE SOIR DE BAMAKO DU 15 DEC. 2008 - Moussa TOURE


Malgré l’adoption du projet de loi sur la biotechnologie, le 13 Novembre 2008, par les députés (108 voix Pour, et seulement 20 Contre), la société civile, composée principalement de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP) et ses alliés tels que FECONG, FORAM, ne démordent pas. En effet, la CNOP continue de multiplier les actions afin que cette loi ne soit pas promulguée par le Président de la République, Amadou Toumani Touré.

Malgré l’adoption du projet de loi sur la biotechnologie, le 13 Novembre 2008, par les députés (108 voix Pour, et seulement 20 Contre), la société civile, composée principalement de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP) et ses alliés tels que FECONG, FORAM, ne démordent pas. En effet, la CNOP continue de multiplier les actions afin que cette loi ne soit pas promulguée par le Président de la République, Amadou Toumani Touré.

Ainsi, c’est dans ce cadre que le jeudi 11 Décembre 2008, à l’espace “Le Santoro”, il a été procédé à la publication d’un livre intitulé “Semences paysannes, fondement de la souveraineté alimentaire en Afrique”, et d’un CD avec des liens audio et vidéo dans lesquels les paysans de l’Afrique de l’Ouest expriment leurs vives inquiétudes au sujet de la privatisation des semences et des connaissances, en présence du président de la CNOP, M. Ibrahim Coulibaly, de Bakary Doumbia de la FECONG, du Directeur du programme Agriculture Durable, Biodiversité et Moyens d’Existence à Londres (RU), le Dr Michel Pimbert, de Mme Aminata Dramane Traoré du FORAM...

Soulignons que cette publication est le compte-rendu d’un atelier international, dénommé “Nyéléni”, qui s’est tenu en 2007 à Sélingué, au Mali, au cours duquel des paysans et paysannes de 11 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord ont partagé leurs expériences avec leurs homologues venus de l’Inde, de l’Indonésie, d’Iran et du Pérou.

Dans cet ouvrage, on trouve la “Déclaration de Bamako”, dans laquelle les paysans, éleveurs, nomades et représentants de la société civile, après discussions et échanges sur, entre autres thèmes, “la privatisation des semences et les semences génétiquement modifiées”, “la conservation des semences paysannes et des races animales” ... ont déclaré : soutenir l’utilisation des semences paysannes pour la souveraineté alimentaire ; faire obstacle à la privatisation des semences et à la bio-piraterie ; interdire les OGM sur le sol d’Afrique, et favoriser les échanges entre paysans et les innovations paysannes.

Selon le Dr Michel Pimbert qui dans son intervention, a fait un survol du contenu du livre, un contrôle local sur les systèmes agro-alimentaires et de la recherche agricole permet, aux paysans, de gérer des changements imprévisibles et parfois, catastrophiques. “Le changement climatique et la crise économique et financière que traversent aujourd’hui certains pays soulignent la nécessité que les paysans exercent un contrôle direct et souverain sur les semences et leurs savoirs locaux, afin de concevoir des systèmes agricoles et alimentaires durables et résilients“, a-t-il justifié.

Et le président de la CNOP, M. Ibrahima Coulibaly, en montrant son indignation et son inquiétude face aux investissements lourds des firmes multinationales pour favoriser la promotion de l’industrie des biotechologies, a indiqué que les semences et la terre doivent rester des patrimoines inaliénables de l’agriculture paysanne familiale. “On peut avoir tous les éléments essentiels pour l’agriculture (eau, terre,...) , mais on n’est pas libre quand on n’a pas un contrôle sur les semences” , a-t-il ajouté.

Aussi a-t-il déploré l’adoption, au Burkina-Faso, en Afrique du Sud et au Mali, d’un projet de loi sur la biotechnologie et l’introduction des OGM qui, selon lui, posera de sérieux problèmes environnementaux liés à l’agriculture : des problèmes d’éthique, des problèmes d’ordres économique, politique, surtout sanitaire, tant pour les hommes que pour les animaux.

S’agissant du cas particulier du Mali, le président de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes se pose des questions. Entre autres : quel profit le Mali peut-il tirer de cette question d’OG ? Les droits des paysans sont-ils défendus à l’Assemblée nationale ? Sinon, comment peut-on voter une telle loi ? “Nous ne sommes pas opposés idéologiquement à la biotechnologie et aux OGM, mais nous sommes opposés à tout ce qui peut entraîner la dérive“, a-t-il déclaré.

M. Ibrahima Coulibaly a enfin indiqué que la société civile du Mali usera de tous les moyens légaux pour que cette loi ne soit pas promulguée par le Président de la République, Amadou Toumani Touré.

A cet effet, il a invité chacun à écrire individuellement au Chef d’Etat, pour la cause des paysans. Aussi, a-t-il fait savoir qu’une grande marche (qui partira de Niono à Bamako, une distance d’environ 400 kilomètres) sera organisée très prochainement.

Quant à Mme Aminata Dramane Traoré du FORAM et Bakary Doumbia du FECONG, ils ont, pour leur part, affirmé leurs soutiens à la CNOP.